Atterrissage forcé… quand c’est difficile d’en sortir indemne

Je prends “ma plume” aujourd’hui pour rédiger ce petit billet d’humeur. Une expérience que certains pourraient qualifier de masochiste car je ne semble pas apprendre et bien que j’ai vécu plusieurs atterrissages forcés, des crashs même, eh bien je remonte dans l’avion et je recommence….

Alors, pourquoi (dans le sens de dans quel objectif) écrire ce billet d’humeur?

Eh bien je souhaitais partager avec vous car je suis une personne émotionnellement intelligente, et je me refuse à accumuler mes petites colères, je décide de les traiter comme elles me viennent. Et pour moi, l’une des façons de les traiter c’est de rédiger et partager ces petits billets d’humeur. Ce que certains pourraient encore une fois qualifier de masochiste ici… un pattern? Assez d’auto-flagellation et passons au sujet qui nous intéresse… 

Aujourd’hui je souhaite donc traiter ma colère. Colère qui a été déclenchée par un sentiment d’injustice (avéré ou pas mais pour moi il existe en tous cas) et une déception.

Colère déclenchée car encore une fois, un ou deux commentaires sont capables de venir ouvrir la porte aux squatteurs “syndrome de l’imposteur” et “manque de confiance en moi“, alors que j’étais arrivée à les déloger.

Donc, afin de ne pas entretenir cette colère, afin d’éviter que je réinvite mes squatteurs à s’installer sur mon canapé, J’écris.

J’écris sur le fait d’écrire, de présenter, de partager.

En écrivant un article, donnant une conférence, animant une formation, partageant une expérience : nous donnons de nous-mêmes, nous nous mettons en “danger” en nous dévoilant devant vous. Nous le faisons pour partager un savoir, une compétence, une expérience et si ce partage peut aider ne serait-ce qu’une seule personne alors notre objectif est atteint.

Nous acceptons qu’en faisant cela, nous arriverons à atteindre, toucher certains d’entre vous et passer à côté d’autres. Cela fait partie du jeu.

Ce qui est hors du jeu ce sont les commentaires non constructifs, les propos qui s’attaquent à la personne que nous sommes et pas à ce que nous partageons, les commentaires qui finalement décrivent un ressenti personnel de déception face à un rendu qui n’est pas ce à quoi on s’attendait, une dissonance personnelle face à nos propres attentes et une possible lecture biaisée.

Alors qu’est-ce qui cloche en moi pour que malgré ces quelques commentaires que je ressens comme un couteau planté dans mes entrailles, je continue?

En effet, depuis quelques années maintenant, je partage des billets d’humeur, des expériences, des connaissances, des lectures et des rencontres. Et j’adore ça. J’adore, car je me nourris personnellement du partage.

Se nourrir du partage; cela veut dire quoi pour moi?

Alors, je pourrais prétendre être totalement altruiste et vous clamer ici que je n’en retire rien personnellement, que seuls les autres m’intéressent et me font vivre….

Bon, ça sonne faux vous ne trouvez pas?

Moi si, donc je ne vais pas vous dire ça.

Je vais par contre vous dire qu’effectivement, je ressens une joie immense lorsque tous ces petits “Like” commencent à arriver. Une multitude de chaud doudous qui viennent nourrir pour des mois entiers “reconnaissance“. Pourquoi? Car c’est une reconnaissance de mon travail, de ce que j’ai créé et vos Likes, repartages et commentaires me donnent en temps réel une réponse à “ai-je bien travaillé? Est-ce que j’ai pu titiller l’esprit ou aller visiter le cœur de quelqu’un? Ai-je aidé ne serait-ce qu’une seule personne?”.

Ces activités me réchauffent donc le cœur et mon ego, et pourtant, ce n’est pas la seule raison pour laquelle je le fais.

Je le fais aussi car cela me permet de rencontrer de belles personnes, c’est lors de conférences dans lesquelles je suis intervenue que j’ai fait certaines de mes plus belles rencontres professionnelles. C’est aussi grâce à des commentaires sur mes REX ou articles que j’ai appris, amélioré et que j’ai avancé, en allant finalement explorer des dimensions auxquelles je n’avais pas pensé toute seule.

J’apprends donc des autres.

Je vis un voyage extraordinaire, vous savez, comme quand l’avion décolle et que vous êtes au début d’un voyage merveilleux. Au décollage vous appréhendez un peu car c’est toujours risqué un décollage, mais en même temps vous vous sentez excité et grisé par le départ vers l’aventure…

Puis vient le moment de l’atterrissage… des fois un atterrissage forcé, des turbulences, un crash même, dont je ne ressors pas indemne.

Ces turbulences, elles peuvent se manifester de plusieurs façons ici :

  • Un feedback sur une conférence que vous venez de donner 
  • Un commentaire sur des visuels que vous avez partagé
  • Un retour sur un article publié
  • Etc…

Et là, bam! On oublie tout d’un coup tous les like, commentaires élogieux, feedbacks constructifs, encourageants et débats intéressants qui nous emmènent ailleurs et nous donnent des idées pour notre prochain voyage.

Notre esprit va se focaliser sur ce commentaire négativement gratuit, non constructif, qui finalement ne sert à rien si ce n’est d’exprimer une opinion bien personnelle.

Prenons l’exemple d’une personne qui laisse le feedback suivant : “très déçu, j’ai perdu mon temps, ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais”.

Vous me direz, cette personne a bien le droit d’être déçue, elle a même le droit de ne pas aimer la conférence. Oui j’en conviens.

Elle a perdu son temps, c’est bien dommage et j’en suis désolée, car je n’apprécie pas spécialement de faire perdre leur temps aux gens. Le temps nous est précieux à tous. D’ailleurs, vous êtes maîtres de votre temps, vous avez le sentiment de le perdre, partez vite. Cette présentation ne vous convient pas, s’il vous plaît n’y perdez pas une minute de plus et allez vite visiter d’autres salles pour voir si vous pourriez y trouver une conférence qui vous convient mieux et qui vous aidera à valoriser ce temps qui nous est si précieux. Autorisez-vous à le faire, je ne vous en tiendrai pas rigueur. C’est d’ailleurs ce que moi-même je fais lorsque j’assiste à des conférences ou que je lis des articles.

Ce n’est pas ce que la personne attendait? La question se pose ici alors pour elle. “Est-ce un soucis d’attentes différentes finalement? Ou des attentes mal décrites? Ou alors, a-t’elle utilisé ses propres filtres en lisant le titre et la description de la conférence et s’est ensuite passé le film de ma conf dans sa tête avant d’y aller? Et du coup, déçue car le film qu’elle regarde n’est pas celui qu’elle s’était imaginé… “

Je me pose par contre la question cruciale ici : en quoi ce feedback peut-il m’aider en tant qu’auteure ou même agrandir les horizons des autres participants?

La réponse est simple : EN RIEN. Ce feedback n’en est pas un.

Cet exemple reflète à mon sens les travers de notre société actuelle connectée : nous nous autorisons à partager tout ce qui se passe dans notre cerveau, et nous le faisons rapidement, sans prendre le temps de se poser de questions. Sans prendre le temps de travailler sur la forme de notre communication et sur comment notre communication pourrait être perçue, reçue de l’autre côté de notre écran.

Je ne suis pas exemplaire en la matière et moi-même peux réagir et répondre un peu vite…  La plupart du temps pourtant, je prends le temps :

  • De me demander ce qui fait qu’une conférence ou un article ne m’ont pas “parlée”. En quoi je n’ai pas accroché? Qu’est-ce que cela dit de moi et de ce que j’en attendais?
  • D’identifier des points d’encouragement
  • De me demander : quel besoin ai-je de faire un commentaire ou un feedback? En quoi ce feedback pourra emmener l’auteur vers une autre contrée ou lui donner envie de faire un autre voyage. En quoi mon feedback pourra apporter aux autres lecteurs?
  • Ai-je envie de partager un ressenti? Une émotion vécue personnellement.

Dans mon exemple précédent, j’aurais pu alors commenter de la sorte si je pensais que mon feedback aurait pu être utile pour l’auteure que je suis : “Je viens d’assister à la conférence que tu as donnée. Je m’étais imaginé une toute autre chose et j’ai donc été déçue et cela reflète uniquement mon propre ressenti à cet instant, la propre représentation que je me faisais de ce que cette présentation serait. Je salue les travaux de recherche extensifs pour cette présentation, les visuels, les partages des articles et lectures qui ont donné vie à cette conférence. Et pour aller plus loin, as-tu pensé à explorer les travaux de XXX sur YYY? Il avait en effet une grande place dans le film que je m’étais personnellement fait de ta conférence.”

Cela peut alors lancer un débat sur la perspicacité de parler de cette dimension de XXX sur le sujet YYY ou non. Un débat sur ma propre incompréhension du sujet, et surtout enclencher un échange avec l’auteure et possiblement d’autres lecteurs.

Et si je n’ai rien à dire, alors je ne dis rien, je passe à autre chose.

C’est courageux de se dévoiler devant vous

Une chose est sure : je salue le courage de la (ou des) personne(s) qui a (ont) osé se dévoiler devant moi, qui ont pris leur courage à deux mains pour partager quelque chose avec moi. Que le sujet m’ait touchée ou non. Le travail est réel.

Et enfin, ai-je donc besoin de commenter ou de donner des feedbacks? Si oui, je le ferai toujours en prenant mon temps et en pesant mes mots car je sais que les mots blessent et que les écrits restent.

Je vous remercie de m’avoir lue jusqu’ici, et ma colère est traitée, je l’ai posée et exprimée ici avec vous. Je ne ressens pas le besoin d’obtenir réparation. 

Et si avec ce billet d’humeur j’ai réussi à ce qu’une seule personne se pose la question avant de commenter la prise de risque et le courage d’un(e ) auteur(e ), alors mon but est atteint. 

En quoi ce billet d’humeur résonne en vous?

One thought on “Atterrissage forcé… quand c’est difficile d’en sortir indemne

  1. Bon jour,
    Je pensais à vous lisant au mot : frustration … frustration de ne pas avoir atteint un objectif … et puis deuxième pensée : le souhait que les commentaires soient argumentés pour construire une proposition de réflexion…
    Max-Louis

    Liked by 1 person

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